Camaret
“Camaret, par ce matin d’été,
c’était la beauté,
toute la jeunesse du monde
sous la féerie claire des voiles.
Je sentis que mon destin m’y conduisait,
que je n’avais plus le droit de partir…
Et j’y suis demeuré
au milieu des paysans et des pêcheurs.
…Je remercie Camaret d’une hospitalité
de trente ans qui ne finira jamais
puisque c’est dans son sol que je dormirai…
j’ai fait inscrire sur un entablement
de mon manoir ces mots orgueilleux peut-être :
Ici j’ai découvert
la vérité du monde,
Tout le secret de ma solitude,
de ma méditation,
conséquemment de mon prudent silence,
gît là.”
Saint Pol-Roux, 1922.
Extrait de l’œuvre « De l’art magnifique », publié avec l’aimable autorisation de M. René Rougerie, éditeur de Saint Pol-Roux.